Appel à Communication pour le Colloque International de Yamoussoukro sur les descendants de migrants en Afrique de l’Ouest

Colloque de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire)

Thème : « On les appelle « taboussés/taboussis », « dankasa » … les descendants de migrants en Afrique de l’Ouest »

12-14 décembre 2022

APPEL À COMMUNICATION

Argumentaire
Dans l’Ouest africain, les migrations constituent « une donnée socio-économique majeure depuis les conquêtes coloniales ». Il s’agit surtout de migration interne à cette sous-région. Intensifiées dans le contexte colonial, les migrations sous-régionales ont relevé de logiques dans un premier temps de contrainte, puis sont devenues économiques dans le cadre de migration libres de travail. Les pays de l’hinterland (Burkina Faso, Mali, Niger actuels) furent perçus comme un « réservoir » de main-d’œuvre et les pays de la zone côtière (Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Nigéria) comme des « îlots de prospérité ». Progressivement, une causalité cumulative, conduit à des migrations circulaires ou définitives. Quelles soient préméditées ou pas, les migrations pluriannuelles, viagères et définitives contribuent à la constitution de diasporas. Le terme diaspora bien qu’accepté par la communauté de chercheurs fait toutefois l’objet de débats épistémologiques et de redéfinitions dans l’espace géographique ouest-africain. En effet, à des degrés divers, tout pays est à la fois un foyer d’émigration et un foyer d’immigration.
L’installation progressive des migrants et de leurs familles dans les pays d’accueil a permis la construction d’importantes communautés diasporiques. Elle s’est faite de différentes manières :
– des migrants en quittant leurs pays d’origine sont partis avec leurs épouses et ont eu des enfants dans le pays d’accueil,
– des migrants, après un séjour dans les pays d’accueil sont allés temporairement dans leurs pays d’origine, y ont contracté des mariages et sont revenus s’installer durablement,
– des migrants ont épousé des femmes autochtones dans les pays d’accueil,
– des descendants de migrants se sont mariés au sein de la communautés diasporiques, etc. De fait des décennies d’immigration dans les pays d’accueil justifient la présence de plusieurs générations d’immigrants et de descendants d’immigrants. Le cas de la Côte d’ivoire est assez emblématique. Grand foyer d’immigration en Afrique de l’Ouest, on note une tendance ascendante du nombre d’immigrés puis depuis les années 1990, une tendance baissière. La forte proportion de non nationaux au sein de la population ivoirienne en fait une singularité ce qui donne lieu à des débats et amalgames. On perd de vue que les descendants de migrants sont nés dans le pays d’accueil de parents, grands-parents ou arrière grands parents immigrés. Quelles que soient les causes de leur immigration, les populations d’origine étrangère ont besoin de s’intégrer. Il en est de même pour leurs descendants. Pour ce faire, elles déploient des stratégies variées sur les plans économique, socioculturel et juridique. En effet, la vie des immigrés oscille de ce fait entre des processus complémentaires ou opposés, notamment :
–     l’intégration ie une adhésion et un partage des valeurs, des logiques qu’une volonté d’appartenir à la communauté d’accueil tout en étant reconnu comme un ensemble homogène;
–     l’assimilation ie se fondre dans la communauté d’accueil en excluant tout particularisme.
Le groupe spécifique des descendants de migrant-e-s est au centre des réflexions de ce colloque dont le thème central est « Les descendants de migrants en Afrique de l’Ouest ».
Des concepts ont été forgés dans les langues nationales, tant au niveau des communautés d’origine des migrants, des communautés diasporiques qu’au niveau des communautés d’accueil, pour désigner les descendants de migrants. Ce sont par exemples, les termes, « taboussés/taboussis », « dankasa »… dont l’histoire mérite des analyses.
Dans la mise en œuvre des migrations transnationales, des mécanismes et des valeurs transgénérationnelles ont, par ailleurs, été expérimentés. L’intégration des descendants de migrants a des enjeux singuliers. Nés dans le pays d’immigration de leurs parents, ils vivent une sorte d’entre-deux. Ils sont à la fois d’ici (pays d’accueil) et d’ailleurs (pays d’origine). Cette situation est davantage renforcée lorsque l’un de leurs parents est ressortissant du pays d’accueil. C’est le cas au Ghana des « dankasa », terme haoussa désignant les descendants d’immigrants nés de mères ghanéennes. L’Afrique de l’Ouest étant une grande zone de migrations intrarégionales et de brassage de populations, les pays de la région, à des degrés divers, abritent des descendants de migrants. La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal, le Nigéria, le Burkina Faso et le Mali sont des exemples de pays fortement impactés par la réalité des descendants de migrants. Cependant, des études sur ce groupe spécifique sont peu nombreuses.
Une question fondamentale se pose alors au sujet de l’intégration des descendants de migrants : Combien de générations d’enfants de migrants doivent encore être considérées dans les effectifs de population immigrée, alors qu’on ne nait évidemment pas « immigré » ? Dans les pays d’accueil, les descendants de migrants constituent une frange de plus en plus importante de la population. Cela représente une évolution démographique fondamentale dans les pays d’immigration. De par leur statut juridique, les descendants de migrants se répartissent entre nationaux des pays d’accueil et ceux des pays d’origine. Ces derniers rentrent temporairement ou définitivement dans leurs pays d’origine pour des raisons diverses. Le Burkina Faso, par exemple, accueille depuis des décennies de manière croissante en provenance de la Côte d’Ivoire plusieurs milliers de descendants de migrants en quête d’inscriptions dans les universités publiques.
Une véritable reconstruction identitaire s’effectue alors dans le pays d’accueil, chez les migrants et plus encore chez leurs descendants. A des degrés divers, ces derniers entretiennent à la fois un lien avec le pays de naissance et celui d’origine, vivant donc dans une « double inscription ». Certains descendants de migrants sont en rupture progressive de liens avec leurs pays d’origine. Ils sont alors dans des logiques avancées d’intégration et d’assimilation. Des enjeux socioculturels, économiques, juridiques et politiques existent chez les descendants de migrants dans un contexte de revendications diverses et de déni identitaire dans les pays d’accueil et d’origine.
Dans la dynamique du transnationalisme dans l’étude des migrations, les communications pourraient aborder la thématique du colloque à partir des symboles d’appartenances, les logiques de mobilités, les représentations des territoires, des frontières et des états-nations d’origine et l’influence des communautés.

Axes de réflexion 
Les axes majeurs suivant lesquels les communications devront être proposés sont les suivants :
Axe 1 : L’intégration socioéconomique et culturelle des premières générations de descendants de migrants et la problématique du « retour au pays »
Axe 2 : Les questions de la nationalité/citoyenneté des descendants de migrants, leurs engagements politiques et de l’apatridie
Axe 3 : Les constructions identitaires et les sentiments d’appartenance chez les descendants de migrants : être d’ici et là-bas.  

Institutions organisatrices :
Le colloque est organisé par la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la Recherche de la Paix avec des universités partenaires : Université Félix Houphouët-Boigny, Université de Ouagadougou Joseph Ki-Zerbo, Université du Québec à Montréal.

Participants ciblés
Divers profils de participants sont attendus à ce colloque. Ce sont particulièrement, les enseignants-chercheurs des universités, les chercheurs des institutions de recherche, les doctorants. Hormis le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, des participants sont attendus du milieu des experts en matière de migrations, des institutions internationales, des ONG, du monde politique et des institutions gouvernementales, etc.

Langues de travail
La langue de travail lors du colloque est le français. Cependant, des communications en anglais sont acceptées.

Comité scientifique:
Président
Pr. MANDÉ Issiaka, Département science politique, UQAM, Montréal, Canada.

Membres
Pr. BANTENGA Moussa Willy, historien, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina Faso.
Dr. M. C. CISSÉ Chikouna, historien, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Pr. LOUCOU Jean Noël, historien, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire. Pr. NDIAYE Ndeye Dieynaba, juriste, Département des sciences juridiques, UQAM, Montréal, Canada.
Dr. SERHAN Nasser, Géographe, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Pr. PICHÉ Victor, Professeur honoraire, Université de Montréal, Montréal, Canada.
Dr. M. C. PARÉ Moussa, historien, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Dr. M. C. SAWADOGO Boukary Mathias, historien, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Dr. M. C. SAWADOGO Mahamadou, sociologue, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina Faso.
Dr. SOUKOUNA Sadio, politologue, UQAM, Montréal, Canada.

Secrétariat du comité  
Dr. M. A. OUEDRAOGO Serge Noël, historien, Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso.
Dr. KABORÉ Adama, Abidjan, Côte d’Ivoire.

Comité d’organisation  

Président :
Dr. M. C. PARÉ Moussa, historien, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.

Membres
Dr. M. C. CISSÉ Chikouna, historien, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Dr. M. C. SAWADOGO Boukary Mathias, historien, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Dr. M. A. OUEDRAOGO Serge Noël, historien, Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso.
Dr. KABORÉ Adama, Abidjan, Côte d’Ivoire.

Modalités de soumission
Les propositions de communication devront comporter un titre, le nom et le prénom, la fonction, l’adresse électronique, le numéro de téléphone, l’affiliation institutionnelle de /des auteur(s) et un résumé (en français et en anglais) de 250 mots au maximum, présentant la problématique du sujet, le cadre théorique et méthodologique et des mots clés (maximum 5). Les résumés et articles, rédigés à la police Times New Roman, interligne 1,5, doivent être envoyés sous format Word à l’adresse suivante : colloquedescendantsdemigrants@gmail.com.

Dates pratiques
–  30 Juillet 2022 : Date limite de réception des propositions de communications
–  15 Août 2022 : Réponse aux contributeurs/confirmation de participation au colloque
–  30 Octobre 2022 : Date limite d’envoi des articles rédigés
–  12 Décembre 2022 : Tenue du colloque
–   28 Février 2023 : Envoi des articles réaménagés
–   30 Mai 2023 : Publication des actes du Colloque.

Eléments de bibliographie
AL-ALI, N. and KOSER K., 2001, New Approaches to Migration? : Transnational Communities and the Transformation of Home, Taylor & Francis Group.
ASIWAJU, A. I., 1976, « Migrations as Revolt : The Example of the Ivory Coast and the Upper Volta before 1945 » in Journal of African History, vol. 17, n° 4, pp. 577-594.
BANTENGA M. W., 1996-1997, « De la connaissance de l’originalité démographique du pays moaaga à la mobilisation des populations dans le cadre des politiques coloniales (1888-1937) » in Science et Technique, vol. 22, n° 2, pp. 9-20.

BOUQUET C., 2003, Le poids des étrangers en Côte d’Ivoire / The importance of foreigners in Ivory Coast in Annales de Géographie, t. 112, n° 630, pp. 115-145.  
BREDELOUP. S., 2004, « La Côte d’Ivoire ou l’étrange destin de l’étranger » in Revue européenne des migrations internationales, 19 (2), pp. 1-26.
CISSÉ C., 2013, Migrations et mise en valeur de la Basse Côte d’Ivoire (1920-1960), Les forçats ouest- africains dans les bagnes éburnéens, Paris, L’Harmattan, 311 p.
COLEMAN S. and MAIER K. « In, Of, and Beyond Diaspora ?: Mapping, Migration, and the Production of Space among Nigerian Pentecostals » in Diaspora : A Journal of Transnational Studies, vol. 19 n°. 1, 2010, p. 9-31. Project MUSE muse.jhu.edu/article/640334. COQUERY-VIDROVITCH, C., GOERG, O., MANDÉ, I. & RAJAONAH, F. V. (2003). Être étranger et migrant en Afrique au XXe siècle: Enjeux identitaires et modes d’insertion. Paris: L’Harmattan.
FAIST T. et al., 2011, The Migration-Development Nexus : A Transnational Perspective. Palgrave Macmillan.
FALL D., and FENEYROL O., 2011, Quelle protection pour les enfants concernés par la mobilité en Afrique de l’Ouest ? : nos positions et recommandations. s.n.
FARMA G., 2017-2018, L’entre-deux des descendants de migrants burkinabè en Côte d’Ivoire : Retour et intégration des étudiants « diaspos » dans le milieu universitaire au Burkina Faso, Master en médiation culturelle, Université de Lille 3, 149 p.
HILLMANN F. et al., editors, 2019, Trajectories and Imaginaries in Migration : The Migrant Actor in Transnational Space. Routledge.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000073-immigration-et-politique- migratoire-en-france /immigres-assimilation-integration-insertion-quelques-definitions.
KABORÉ A., 2021, Mise en perspective historique des mutations migratoires voltaïques/burkinabè en Côte d’Ivoire (1960-2002), Thèse de doctorat unique, Histoire, UFHB, 421 p.
KIPRÉ P., 2010, Migrations en Afrique noire : La construction des identités nationales et la question des étrangers, Abidjan, Éditions du CERAP, 160 p.
MANDÉ I., 1995, « Les migrations de travail des Voltaïques, une panacée pour l’économie ivoirienne de 1919 à 1960 » in MASSA G. et MADIÉGA Y. G. (sous dir.), La Haute-Volta coloniale, témoignages, recherches, regards, Paris, Khartala, pp. 313-339.
KLEIS N. and THORSEN D., 2017, Hope and Uncertainty in Contemporary African Migration, Routledge.
OUÉDRAOGO S. N., 2019, « Le dilemme de la nationalité chez les Burkinabè au Ghana » in BREDELOUP S., DEGORCE A. et PALE A. (sous dir.), Se chercher en migration, Expériences burkinabè, Paris, L’Harmattan, pp. 77-97.
PICHÉ V. et CORDELL D. D., 2015, Entre le mil et le franc. Un siècle de migration circulaire en Afrique de l’Ouest. Le cas du Burkina Faso, Montréal, Presses de l’Université du Québec, Collection Les sociétés africaines en mutation, 406 p.
ROUCH J., 1956, « Migrations au Ghana » in Journal de la Société des Africanistes, tome 26, pp. 33-196.
SADOUNI S. and GAZIBO M., 2020, Migrations et gouvernance en Afrique et ailleurs, ed. Presses de l’Université du Québec, Project MUSE muse.jhu.edu/book/78362.
SAHOO A. K. and BRIJ M., 2007, Sociology of Diaspora : A Reader, Rawat Publications. SCHMOLL C., 2021, « L’approche transnationale dans les études migratoires. Retour sur 30 ans de travaux » in SIMONNEAU D. (dir.), Dossier « Vivre le transnational. Ancrages et circulations en débat », De facto [En ligne], 28 | Octobre 2021, mis en ligne le 25 octobre 2021. URL : https://www.icmigrations.cnrs.fr/2021/09/15/defacto-028-01/
TOUNKARA D. G., 2010, « Cinquante ans de politiques de la nationalité en Côte d’Ivoire », in Outre-mers, Tome 97, n°368/369, pp. 159-175.  
YODA H., 2019, Les colons d’origine voltaïque des villages de colonisation de la région de la Marahoue (Bouaflé et Zouénoula) : Entre immigration et intégration de 1933 à 2010, Thèse de doctorat unique, Histoire, UFHB, 554 p.
ZONGO M., 2003, « La diaspora burkinabè en Côte d’ivoire: trajectoire historique, recomposition des dynamiques migratoires et rapport avec le pays d’origine » in Revue africaine de sociologie, 7(2), pp. 58-72.
ZONGO M., 2016, « La diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire : entre vulnérabilité et quête d’appartenance » in BREDELOUP S. et ZONGO M. (dir.), Repenser les mobilités burkinabè, Collection Études africaines, Paris, L’Harmattan, pp. 37-66.Téléchargez le fichier PDF

Appel à communications pour le Colloque sur le thème « vingt ans après la guerre en Côte d’Ivoire : penser la crise en temps de paix »

Le GRESCI et l’Université FHB sont heureux de s’associer avec la Fondation Félix Houphouët-Boigny et l’IRSEM pour la tenue d’un colloque visant à analyser l’héritage de la crise ivoirienne, en insistant sur les dynamiques actuelles et futures, via ce retour vers le passé. vingt ans après le déclenchement de la guerre civile le 19 septembre 2002. Ce colloque aura lieu du 19 au 21 septembre 2022 au siège de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. 

Vingt ans après le déclenchement de la guerre en Côte d’Ivoire, il est opportun de profiter du recul et de ce temps de paix pour tirer les leçons de la guerre. En effet, longtemps ilot de stabilité dans une Afrique de l’Ouest marquée par l’instabilité, la Côte d’Ivoire a fini par basculer, ce 19 septembre 2002, dans une crise politico-militaire qui a duré toute une décennie. Le long processus de négociation entamé par la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest dès les premiers instants de la guerre s’est progressivement ouvert à divers acteurs sans pouvoir épargner une fin de crise meurtrière. En effet, l’élection présidentielle de 2010, censée apporter la paix et la démocratie, a accru les divisions tout en mettant à nu les fragilités d’une décennie de crises. Ce sont plus de 3000 morts qui ont refermé, ce 11 avril 2011, la tragique page de la guerre en Côte d’Ivoire.

Refermé, le mot semble fort tant la guerre transforme les sociétés, questionne et impacte durablement la marche d’une nation. De fait, la crise ivoirienne semble être un terrain idéal pour comprendre la complexité des guerres civiles et pour analyser les démarches de reconstruction post-crise qui, au-delà des performances économiques, s’ancre dans la démocratie, la préservation des libertés et la citoyenneté. Les écrits et productions sur le sujet ont montré les particularités du cas ivoirien en tant que terre d’immigration, de tensions entre ouverture démocratique et pratiques autoritaires, dans un contexte de liens entre la France et la Côte d’Ivoire particulièrement marqués.

La crise elle-même a interrogé les choix stratégiques ivoiriens en matière de défense et de diplomatie, le rôle de la France et, plus largement, de la Communauté internationale – institutions panafricaines y compris – dans la prévention et la gestion des conflits. Les acteurs et institutions internationales ont été au cœur de la gestion du conflit et du processus de reconstruction post-conflit, tant pour la justice avec la Cour Pénale Internationale, la sécurité via le rôle de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire ainsi que l’opération française Licorne, que pour la relance économique avec les institutions de Bretton Woods, l’Union Européenne, ou encore parmi d’autres les États-Unis. Au-delà de l’action internationale, la dynamique locale de la reconstruction post-crise a été l’objet de nombreuses recherches. Paradoxalement, la crise a été un catalyseur de synergies et mobilisateur d’énergies qui ont donné lieu à une formidable activité artistique et culturelle dont le coupé-décalé a constitué l’acmé. En gros, une double logique locale et internationale dont causes et effets s’entremêlent.

Quelles leçons peut-on tirer des années de crise ivoirienne et de la reconstruction post-conflit ? Quelles sont les dynamiques d’hier qui ont disparu, qui ont persisté ? Comment la trajectoire de crise et de sortie de crise ivoirienne s’inscrit-elle dans l’histoire des conflits civils ouest-africains ? L’importance de la Côte d’Ivoire dans la sous-région et l’intérêt pour l’étude des conflits ont favorisé la production de plusieurs ouvrages, articles et autres réflexions sur la crise en Côte d’Ivoire. Mais, deux décennies après son déclenchement, une réflexion globale mobilisant acteurs et chercheurs autour de la question, la traitant dans ces différentes facettes en actualisant les données est une opportunité qu’offre ce colloque.

Pour cela, les organisateurs invitent les chercheurs et praticiens à soumettre des résumés de contribution de 250 mots en précisant l’axe dans lequel ils souhaitent intervenir. Veuillez envoyer les contributions en français ou en anglais à l’adresse suivante : colloquevingtansciv@gmail.com, du 15 avril au 20 mai 2022. Les sujets suivants peuvent être d’un intérêt potentiel :

  • Axe 1 : Origine et causes de la crise ivoirienne et au-delà, qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
  • Axe 2 : Vivre au rythme de la guerre : mutations, vie politique, libertés et droits humains, vécu dans la sous-région, arts, gouvernance rebelle, vivre en guerre dans les territoires gouvernementaux et productions scientifiques.
  • Axe 3 : Les acteurs internationaux à l’épreuve de la guerre et la réconciliation en Côte d’Ivoire : ONU, France, CEDEAO, UA, Licorne, ONUCI, CPI, personnalités de haut niveau, acteurs de l’aide au développement.
  • Axe 4 : Conséquences et mutations liées au conflit.
  • Axe 5 : Reconstruire et réconcilier en Côte d’Ivoire : économie et social, diplomatie et défense, justice, démocratie et citoyenneté. Equilibres territoriaux et présence étatique.
  • Axe 6 : Questionner le modèle de sortie de crise : Bonnes pratiques, modèles libéraux, justice.

Veuillez noter également que les contributeurs devraient approcher leur institution pour obtenir le financement pour assister au colloque. Certains fonds limités seront disponibles pour aider les collègues dont les propositions seront acceptées, mais cela ne peut pas être garanti à ce stade.

 

Appel à contribution pour le sixième numéro de la Revue Haris à paraître en juin 2022

Pour son Sixième Numéro à paraitre en Juin 2022, la Revue Haris attend des contributions portant sur des thématiques des Relations Internationales, de la Géopolitique ou des Etudes stratégiques. Les articles doivent être des écrits de fonds et originaux. Les normes de présentation des manuscrits sont celles du CAMES (à consulter sur le site de la revue www.revueharis.org). Le manuscrit doit comprendre entre 5000 et 8000 mots et porter les noms et prénoms du ou des auteurs, le nom de l’Institution de rattachement, le mail, une photo format identité du ou des auteurs et accompagné d’un résumé en français et anglais de 300 mots maximum avec 7 mots-clés.
Courriels: (à envoyer simultanément): contact1@revueharis.org et cerriuao01@gmail.com.

Calendrier
Appel à contribution : 1er Avril 2022
Date limite de Soumission des articles : 5 Juin 2022
Retour aux auteurs après instruction : 20 Juin 2022
Retour des articles corrigés : 27 Juin 2022
Parution : 30 Juin 2022

Frais
Instruction : 25.000 F CFA (39 Euros)
Publication : 40.000 F CFA (61 Euros)

Contact: Dr. SILUE Nahoua Karim Téléphone:(+225) 07 08 33 00 53 (WhatsApp) pour les modalités de paiement des frais et toutes les informations utiles.

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PROGRAMME DES ACTIVITES DE LA FONDATION FHB POUR L’ANNEE 2022

MARS 2022 Séminaire de formation du personnel de la Fondation sur le thème : « Formation à la culture de la paix par l’exemplarité » – les 24 et 25 mars 2022Séminaire de formation des membres de l’Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI) de la région du Bélier, sur le thème : « Education aux valeurs de la culture de la paix, initiatives citoyennes et leadership des jeunes dans une société réconciliée et apaisée ». AVRIL 2022 – 7 avril 2022: Séminaire de formation des Messagers de la paix du lycée moderne Coffi Gadeau de Tiébissou sur le thème : « Mobilisation des élèves autour des valeurs de la culture de la paix pour un environnement scolaire apaisé ». – Séminaire de formation des Conseillers municipaux de Béttié sur le thème : « La culture de la paix, la citoyenneté démocratique et la compréhension mutuelle dans une société réconciliée ». – Séminaire de formation des jeunes leaders des associations et des partis politiques de la commune de Béttié sur le thème : « Formation des jeunes au civisme, à la citoyenneté et à la culture de la paix ». – Du 27 au 29 avril 2022: Séminaire de formation des photographes membres de la Centrale Syndicale Humanisme du District autonome de Yamoussoukro, sur le thème : « Formation des photographes à la réconciliation et à la culture de la paix » – Campagne de sensibilisation à la non-violence, au pardon et à la cohésion sociale en direction des leaders d’opinion, des présidentes d’organisations féminines et des présidents de jeunesse du département de Toulepleu. – Du 13 avril au 18 mai 2022: Concours Ivoironie des Lycées (Parrainage de la Fondation FHB) MAI 2022 – Séminaire de formation en direction de la jeunesse de la Marahoué (Bouaflé) sur le thème : « Engagement citoyen des jeunes, diversité, compréhension mutuelle et culture de la paix dans une société réconciliée » JUIN 2022 – Campagne de sensibilisation à la non-violence, au pardon et à la cohésion sociale dans le département de Taï – Séminaire de formation des membres des syndicats et associations professionnels du transport routier (RENABEC), sur le thème : « Civisme, dialogue social, valeurs de paix et leadership pour un transport de qualité dans une société réconciliée » – Visite d’étude des étudiants de science politique de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké : formation à la culture de la paix et visite de la Fondation FHB – Ecole Doctorale Itinérante  (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain en partenariat avec l’Université Félix Houphouët-Boigny et la Fondation FHB) JUILLET 2022 – Séminaire de formation des membres des Clubs de paix des universités et grandes écoles de Côte d’Ivoire, sur le thème : « S’outiller pour bien parler de la culture de la paix en milieu universitaire » AOUT 2022 Du 16 au 22 août 2022 : 4ème édition du Forum Interreligieux Interculturel Jeunesse pour l’Avenir (FIIJA), sur le thème : « Entreprendre la Paix : Renforcement de capacités des Jeunes Promoteurs de la Paix en management de la paix et financement de projets », en direction de 200 jeunes promoteurs de la paix de différents pays africains. SEPTEMBRE 2022 – Campagne de sensibilisation à la non-violence, au pardon et à la cohésion sociale dans le département de Bloléquin – 21 septembre 2022 : Journée internationale de la paix – Colloque  sur le thème: « Vingt ans après la guerre en Côte d’Ivoire : penser la crise en temps de paix », organisé par le Groupe de Recherche des Stratégistes de Côte d’Ivoire (GRESCI) et l’Université Félix Houphouët-Boigny en collaboration avec la Fondation Félix Houphouët-Boigny et l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) OCTOBRE 2022 – Du 15 au 17 Octobre 2022: Colloque international sur le thème : «l’Afrique dans les relations internationales» en hommage au Professeur Kouassi Yao co-organisé par les départements d’histoire de l’université Félix Houphouët-Boigny, de l’université Alassane Ouattara et la Fondation FHB – Les 18 et 19 octobre 2022: Célébration du Jour Anniversaire de la Naissance de Félix Houphouët-Boigny avec la Remise du Prix de la recherche Félix Houphouët-Boigny 2022 (4è édition) et la Dédicace des ouvrages des Editions F.H.B – Du 18 au 21 octobre 2022: Colloque International sur l’Intégration Africaine  co-organisé par l’Institut Universitaire de Yamoussoukro, l’Association des professeurs de philosophie et la Fondation FHB NOVEMBRE 2022 – Les 11 et 12 novembre 2022: Africa Foundations Awards: Cérémonie de remise des Awards aux lauréats de la deuxième édition, avec le parrainage de la Fondation FHB. – 15 novembre 2022: Journée Nationale de la Paix – les 25 et 26 novembre 2022: Séminaire International sur le thème: « les enfants des immigrés » co-organisé par la Fondation FHB. – 3ème édition du Festival des Arts de la Rue d’Assinie (FARA) sur le thème : « Engagement citoyen » avec des artistes provenant de différents pays DECEMBRE 2022 – 7 décembre 2022 : Célébration du Jour Anniversaire du Décès de Félix Houphouët-Boigny avec une messe d’action de grâce en la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro Télécharger le fichier

Remember Houphouet

Voilà vingt-huit ans que le Président Félix Houphouët-Boigny nous a quittés. Mais pour ceux qui croient aux forces de l’esprit, il est toujours avec nous. Il est vivant en nos cœurs, en notre pays bien-aimé par les valeurs fortes qu’il a défendues, par les idées généreuses qu’il a semées toute sa vie durant, par les actions multiples qui en étaient inspirées et qui ont permis les progrès remarquables dans tous les domaines. Continue reading

Côte d’Ivoire : Voici l’héritage que Houphouët nous a légué

Partant de presque zéro, sans pétrole, sans or ni diamant, et autres mines en abondance, voici l’héritage que Houphouët nous a légué.

  • deux ports autonomes,

  • un aéroport international plus cinq aérodromes nationaux,
  • la première compagnie aérienne nationale de la sous-région,
  • deux ponts à Abidjan, ayant lui-même participé à la construction du premier juste avant l’indépendance et de nombreux autres à l’intérieur,
  • trois CHU à Abidjan (agrandissement du premier) + de nombreux CHR,
  • des centaines de châteaux d’eau,
  • quatre barrages hydroélectriques.
  • la première entreprise de production et de distribution d’électricité sous-régionale,
  • le seul pays d’Afrique noire dont toutes les grandes villes sont reliées par le bitume,
  • la première autoroute en Afrique noire (hormis l’Afrique du Sud),
  • la première raffinerie de pétrole d’Afrique noire (hormis Afrique du Sud),
  • la première entreprise de fabrication de bitume d’Afrique noire ( hormis Afrique du Sud ),
  • la première entreprise de distribution de butane domestique directement reliée aux foyers via un réseau pipeline inter-urbain,
  • la plus grande plantation de palmier à huile au monde,
  • la plus grande plantation de cacao et café privée lui appartenant puis en partie léguée de son vivant à l’état,
  • le plus grand complexe sucrier africain,
  • des logements sociaux dans toutes les villes grâce aux deux premières sociétés d’État en Afrique dédiées à un tel programme,
  • un système universitaire public décentralisé,
  • une capitale politique moderne, centre de la formation universitaire de pointe,
  • des millions de cadres nationaux et sous régionaux formés en Côte d’Ivoire et à l’étranger grâce à un système de bourse efficace,
  • une intégration communautaire sous-régionale apaisée, et en bonne intelligence,
  • un quartier des affaires structuré sur le modèle américain,
  • un plan directeur de la capitale économique programmé pour être développée sur 50 ans comprenant entre autre 3 ponts supplémentaires,
  • une réserve stratégique en protéines animales, bovins et ovins, contenant plus de 100.000 têtes pour faire face à une éventuelle pénurie ou crise politique avec les pays frontaliers,
  • et pour l’anecdote, un palace avec la première patinoire à glace en Afrique, avant l’Afrique du Sud…

Quasiment tout était à construire. Tous les objectifs n’ont pas été atteints. Mais il a quand même fait de nous avant sa mort :

  • la seconde économie de la CEDEAO et la première de loin, n’eut été le pétrole du Nigeria,
  • le troisième producteur africain d’igname,
  • le second exportateur africain de banane,
  • le quatrième exportateur mondial d’ananas et le premier africain,
  • le premier exportateur mondial de cacao,
  • le premier exportateur africain de café et le quatrième mondial,
  • le premier exportateur africain de coprah et cinquième mondial,
  • le premier exportateur mondial de noix de cola,
  • le premier rendement africain d’égrainage de coton,
  • le premier rendement mondial d’hévéas,
  • le premier exportateur africain de thon et le second mondial,
  • le premier producteur et exportateur africain de fleurs et plantes tropicales,
  • le premier exportateur africain de bitume.

Et surtout quand il mourrait:

  • un pays Uni, en Paix et Respecté,
  • le SEUL de la sous-région avec le Sénégal et dans la moindre mesure la Guinée, à ne pas voir connu de coup d’état.

Nana Boigny…Respect !

SOURCE: Page Facebook Houphouët Boigny Félix